Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier

La dernière lettre reçue

Lettre du lundi 20 août 1917
Sertier Lucien
Cusset, mardi 21 août 1917
Bien chère Alice,

J’ai reçu à midi ta première lettre. Ce matin j’ai aidé au déménagement d’un bureau qui s’installe à la Part-Dieu. J’ai mangé la soupe là-bas, à la Part-Dieu. Puis je suis allé chercher ma capote et ma couverture dans ma chambre car ce soir je suis de garde, de 9 h à demain soir 9h.

Je ne me suis pas arrêté chez les cousines. Mme Desrayaud est à un enterrement à Givros, ce que je savais d’ailleurs. De là, je suis passé chez Gaillard, je l’ai payé 23 frs, il m’en a fait gagner autant car il a pu trouver du fil de cuivre où j’étais à F. Gratis. Puis je suis allé chez Rose, je l’ai vue ainsi que sa mère et Clémence.

Bien le bonjour. On ira vous voir au retour de J. Rose est allée la voir en revenant de paris et elle retourne ce soir chez elle.

Pour jeudi, tu mettras aux cousines une livre de beurre et deux douzaines d’œufs. Le reste comme d’habitude. Si tu as des fruits (prunes, etc) mets-en si tu veux. M. Carra revient demain, je lui demanderai pour le vin de pays.
On m’a convoqué cet après-midi au bureau, puis comme il y avait presse, on m’a renvoyé à demain matin. Je pense que c’est pour mon envoi à la Part-Dieu. Enfin, demain matin je le saurai.
Merci bien de ta lettre. Ne m’écris pas trop, par rapport aux timbres. On dit…on dit…que les engagés vont retourner au front, que c’est au journal officiel, etc. On verra bien. En tous les cas, le front de Lyon, c’est Salonique.
Ma cousine Desrayaud m’a bien recommandé hier de bien donner le bonjour à tous à la maison à chacune de mes lettres.

Mes amitiés bien sincères à tous.

Je t’embrasse bien fort avec les enfants.

GA TP 514 Cusset.
Lucien


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