Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 24 août 1917
Sertier Lucien
17, jeudi 30 août 1917


Bien chère Alice,

Je suis allé voir tout à l’heure chez les cousines pour voir si j’avais une lettre, mais il n’y avait encore rien d’arriver. J’ai couché cette nuit dans ma chambre et je me suis bien reposé. J’en avais besoin. Ces grands voyages seraient très agréables si on pouvait les faire en compagnie des siens. Mais avec des étrangers, c’est peu de chose. Hier soir, j’ai demandé à parler au lieutenant commandant ma section pour réclamer mon affectation au G.A Il m’a répondu qu’il n’avait pas encore reçu la demande de mon capitane me concernant, qu’il ne pouvait pas m’envoyer au front pour le moment, qu’il attendait les ordres du ministre au sujet des engagés volontaires. Enfin je suis ici à la merci du moindre incident ou punition qui peuvent se traduire par un départ au front. Je ne m’en fais pas de bile, arrivera ce qui pourra. Si je me portais bien, ça ne me ferait rien d’aller à Salonique. Demain, je serai probablement de garde pour 24 h et je pense repartir dimanche en convoi pour Dijon ou ailleurs. Que faites-vous, à la maison ? Comment allez-vous tous ? Cousine Desrayaud ne va pas bien. Cousine Hérard rentre demain.
31 août : M. et Mme Carra sont repartis dimanche à Ville. Vous pourrez venir au vin n’importe quel jour.

Au revoir chère Alice, mes meilleures amitiés à tous. Je t’embrasse bien fort ainsi que mes chers petits.

Lucien
Lucien


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