Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 8 novembre 1918
INDEFINI, samedi 9 novembre 1918
Orléans

Samedi soir 3h

9 novembre 1918

Bien chère Alice,

Reçu ce matin ta lettre de jeudi. Tu comptes que je suis prêt à partir pour Lyon, si ce n’est déjà fait. Je croyais t’avoir dit que j’allais retourner à Lyon mais comme il faut que l’ordre vienne du ministère pour les EOR, il faut parfois longtemps pour cela. Témoin Bonneton qui attend depuis six semaines.
D’autre part, 4 EO ont été renvoyés aujourd’hui non sur leur formation d’origine, mais sur le dépôt de Versailles pour aller au front. Alors j’ignore encore ce qui nous attend. On prétend qu’il faut beaucoup d’automobilistes au front en ce moment pour remplacer les vieilles classes probablement s’il faut des chauffeurs, il faut aussi des gradés. Tout cela m’est bien égal, je n’ai rien demandé et je ne demanderai rien.
Rien de nouveau ici. Santé parfaite. Toutes mes affections bien sincères à tous à la maison.
Je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que les enfants, le papa, la mémé et tes sœurs.

Lucien
Lettre du dimanche 10 novembre 1918


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