Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du jeudi 7 novembre 1918
INDEFINI, vendredi 8 novembre 1918
Orléans

(sans doute postée le 8 novembre)

6 heures du soir

Reçu tout à l’heure ta lettre de lundi soir. Merci beaucoup. Je suis bien heureux que le cousin Perrin puisse vous aider à semer. Ça soulagera le papa. J’espère bien que nous resterons plus guère longtemps ici. Le temps m’y dure beaucoup. J’essaye bien un peu de m’intéresser au cours pour tuer le temps. Ma mémoire s’est beaucoup exercée ici et tout en lisant et en écrivant pendant le cours, je ne perds rien de ce qui s’y dit. Si la guerre avait duré, j’aurais pu suivre les cours jusqu’au bout et je vois que je m’en serais tiré aussi bien que les autres. Certaines formules qui me paraissaient indéchiffrables au mois d’août me semblent toutes simples maintenant. Mais c’est la fin. Personne ne passera officier, la paix sera faite bien avant.
Je vois bien tous les jours les tankeurs mais je ne reconnaitrais pas Crépillon. Il y a si longtemps que je ne l’ai pas vu.
Je te remercie pour les fromages que tu m’envoies. J’espère qu’ils arriveront bientôt, mais ne m’envoie pas de pain.

L Sertier Brigadier élève officier TM 1140 Orléans
Lucien
Lettre du samedi 9 novembre 1918


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